La cave de Vincent

29 mars 2012

Champerret mars 2012

billet

Plus confidentiel, mais aussi plus internationnal que le salon de novembre Porte de Versailles, le rendez-vous des Vignerons Indépendants de l'Espace Champerret, fut cette fois encore l'occasion de belles découvertes.

Outre ses sublimes cuvées de Pouilly-Fumé (sauvignon) dont le très original blanc sec "Les Filles" issu de raisins légèrement botrytisés et la très aboutie cuvée "La Léontine", le Domaine Serge Dagueneau & Filles redonne vie au vignoble des Côtes de La Charité sur le terroir de Saint-Lay (ça ne s'invente pas). A déguster absolument, la cuvée du rare "Pinot Beurrot" en blanc ainsi que la cuvée "Pinot Noir" en rouge.

Une bonne surprise du côté du Beaujolais : le Domaine Benoît Trichard et ses Brouilly, Côte-de-Brouilly et Moulin-à-Vent. Le Brouilly 2012 est fruité à souhait, le Côte-de-Brouilly 2010 encore un peu jeune gagnera à attendre quelques temps. Quant aux Moulin-à-Vent, ce sont des modèles de rondeur et d'équilibre. Un vrai délice. La cuvée Moulin-à-Vent "l'Exception" 2009 moins traditionnelle comblera, cependant, les amateurs de Beaujolais "plus Bourguignons" pendant de nombreuses années encore.

Le Domaine Charles Joguet a présenté pour la première fois ses produits au salon. L'occasion de goûter des vins parmi les meilleurs de l'appellation Chinon dont "le Clos du Chêne Vert" et l'emblématique "Clos de la Dioterie" 2009 qui restera un très grand souvenir de dégustation. A noter aussi, le très réussi "Clos de la Plante Martin" en Tourraine blanc à base de Chenin d'une puissance aromatique étonnante.

Cham12

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26 mars 2012

Un Américain dans les vignes

americain

Un livre, très réussi, prompt à convaincre que la qualité d'un vin est plus affaire de recherche, de découverte et de curiosité que de taille de porte-monnaie. Roberto V. Camuto nous emmène à travers la France des cépages confidentiels et des vignerons originaux et passionnés, souvent incompris, que seul un entêtement salvateur a poussé à produire ces vins exceptionnels en marge de la standardisation. Si vous souhaitez découvrir l'ondenc et le chatus ne tardez pas à parcourir ces pages.

A relire sur ce blog : Autour d'un vieux vin

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04 mars 2012

Dégustation fortuite

st-joUne dégustation qui n'aurait jamais dû arriver si tôt, et pourtant... 

Retour arrière en septembre 2010 : départ sur un coup de tête vers la journée inaugurale d'une foire au vin (1er évènement fortuit). Les verres s'enchaînent dont un Château Grillet 2006 en dégustation privée (appellation d'origine contrôlée produit par un seul domaine). C'est déjà l'heure de partir, direction les flacons repérés dans les rayons dont un Saint-Joseph blanc M.Chapoutier 2008. La bouteille est embarquée rapidement sans regarder. Arrivé à la caisse : stupeur le vin blanc se révèle être un rouge (2ème évènement fortuit). Ce genre de syrah d'une grande maison du Rhône n'étant jamais tout à fait mauvais, il rejoint malgré tout la cave de Vincent.

Mars 2012 : des amis, plutôt amateurs de rouges, sont attendus pour dîner. Au menu : trio méditerranéen (poivron, avocat, fêta) en verrine, crumble de tomate en cassolette et sa roquette, mini-cakes speculos/chocolat et leur sauce carambar. Direction la cave pour le choix du vin.

La présence de poivron dans le menu proscrit les cabernets, exit donc les Bordeaux et les vins du Val de Loire.

Les vins du Sud-Est à base de Mourvèdre pas plus... toujours à cause du poivron décidément difficile à marier. Le risque est d'autant plus important que ce cépage peut offrir parfois un style massif avec des saveurs d'herbes âcres dans sa jeunesse. A l'opposé de splendides Bandol malheureusement pas encore à maturité et mais, quoiqu'il en soit, peu adaptés au menu. 

Un Côtes-du-Rhône à base de Grenache pourquoi pas... mais assemblé avec une Syrah pour adoucir l'alliance avec les mets assez forts en goût.

Un Brunello di Montalcino, pourquoi pas... d'autant plus que le clin d'oeil de ce Sangiovese avec le parmesan du crumble de tomates serait facile et apprécié. Cependant les vignes dont est issue la cuvée qui sommeille en cave sont jeunes et le vin aussi. Le mariage avec la tomate aurait été pourtant parfait.

Mon choix se porte sur un Crozes-Hermitage (100% Syrah) parcellaire 2006 d'une grande maison rhodanienne. Je prélève la bouteille avec douceur et remonte. En chemin, mes réflexions sur les accords avec les plats me poursuivent... le cépage du vin choisit me semble adapté mais la cuvée trop fine et trop sage. Je fais volte-face et redescends (3ème évènement fortuit) au moment où le Saint-Joseph M.Chapoutier 2008 se rappelle à moi. Cette Syrah plus dense saura tout autant se marier avec le menu sans se laisser dominer par celui-ci grâce à la vigueur de sa jeunesse.

Le vin s'est fait! C'est l'esprit désormais parfaitement apaisé que je remonte de la cave.

Durant le repas, ce Saint-Joseph tient ses promesses face aux plats avec élégance, finesse et avec des arômes de fruits noirs, d'épices et de sous-bois. En bouche il se caractérise par son velouté et de riches tanins.  

A découvrir : le site de la Maison M.Chapoutier

A relire sur ce blog : La perception des vins

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22 janvier 2012

Domaine de la Butte - Bourgueil "Mi-Pente" 2005

blotAcquise lors de sa prime jeunesse, cette bouteille est remontée de la cave par hasard bien plus du fait de sa seule existence que d'un désir immodéré de la consommer. 

Un Bourgueil : un vin plaisant, cousin proche des Chinons. Assurément un bon moment en perspective.

Le dîner chauffe. Couteau, tire-bouchon, un petit effort puis le "chpoc" de circonstance. Le bouchon est sain. D'un geste presque mécanique je verse ce vin que je pense sympathique dans les verres, je me saisis du mien et commence à aérer le liquide avant d'y plonger le nez...

...! Le premier choc est aromatique, les trop rapides préjugés volent alors en éclats dans un feu d'artifice de fragrances qui confinent au sublime. Ce vin combine en son arôme d'improbables associations de jasmin et de sous-bois. En bouche, il a tout des grands vins de Loire capable de réconcilier tous les dégustateurs exclusifs de Bourgogne comme de Bordeaux avec un vanillé de bois cependant très présent. Une grandiose expression du Cabernet-Franc qui met ici en scène un millésime d'exception (2005).

Ce vin n'a pas encore livré tout son potentiel et l'apogée ne sera atteint que dans bien des années.

Domaine de la Butte - Bourgueil "Mi-Pente" 2005

A relire sur ce blog : "J'ai perdu la cerise confite!"   

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08 janvier 2012

A chacun son Champagne!

ChampagneLes fins de calendrier sont propices à la dégustation de très vieux flacons dont on a d'années en années remis l'ouverture, et que l'on a fini par déboucher sur un "il faut le boire maintenant après il pourrait être perdu, quel gâchis...".

Etrangement, la deuxième catégorie de nectar très prisée en fin d'année concerne peut-être le seul vin commercialisé la plupart du temps, mais pas exclusivement, sans indication de millésime : le Champagne.

Souvent cantonné à l'apéritif et au dessert, cette appellation a pourtant plusieurs personnalités.

Le dosage de la teneur en sucres, par adjonction d'une liqueur, détermine le type de vin : Brut nature, Extra-brut, Brut, Extra-sec, Sec, Demi-sec (très apprécié au XVIIIème siècle et de nos jours avec les desserts), Doux.

Les cépages les plus couramment  vinifiés permettent d'obtenir des personnalités extrêmement différentes :

- le Chardonnay entre de façon exclusive dans la composition des Blancs de Blancs fruités et délicats, c'est le Champagne idéal pour l'apéritif et le dessert

- le célèbre Pinot Noir, en général associé à d'autres cépages, donne des Blancs de Noirs, plus vineux et particulièrement adaptés à une dégustation en cours de repas (à essayer avec une andouillette!)

- le Pinot Meunier, ajouté en discrètes proportions, est capable de réveiller le plus sage des Pinots Noirs. Trop rares sont les cuvées composées exclusivement de ce cépage qui ne demande qu'à pétiller même dans les vins rouges tranquilles qui en sont issus (AOC Orléans)

Enfin, le Champagne rosé, à ouvrir en toutes occasions, est obtenu soit par assemblage avec un vin rouge de la région champenoise (technique interdite partout ailleurs en Europe), soit par "saignée" qui consiste en une courte macération des peaux (rouges) et de jus issus de Pinot Noir et de Pinot Meunier.

Si la plupart des Champagnes sont des assemblages de récoltes différentes, les millésimés proviennent quant eux de terroirs aux personnalités hors du commun qu'il convient d'isoler.

La palette d'accord avec les mets est quasi-infinie : un vin d'exception avec lequel il est très rare de commettre un impair.

A essayer :
Krug - Clos du Mesnil (blanc de blancs) et Clos d'Ambonnay (blanc de noirs)
Champagne Saint-Chamant
Champagne Serveaux Fils - Cuvée Meunier et Cuvée Rosé de Saignée
Champagne Louis Brochet - Cuvée Brut 1er Cru (78% de Pinot noir)

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11 novembre 2011

Un lapin au Meursault dans la neige

lapinQue les lecteurs troublés par le titre se rassurent tout de suite, il ne s'agit pas d'une séance de chasse qui aurait mal tournée avant même de commencer.

Un soir de décembre, la neige est tombée : impossible d'honorer notre invitation à dîner en voiture. Qu'à cela ne tienne direction la cave! et plutôt que de remonter avec quelques bouteilles afin d'assumer cette situation difficile... j'embarque les chaussures de marche!

Et cette fois-ci direction notre hôte. Après un trajet plus long que prévu mais au combien plus agréable dans le silence de nos alentours enneigés, nous arrivons affamés.

Après un sympathique apéritif, nous dégustons un poisson en papillotte accompagné d'un merveilleux Meursault, la fin du repas n'est pas en reste grâce au concours d'un Chorey-les-Beaune hors normes.

Mais voilà, malgré des éloges oenologiques dithyrambiques, des convives sont venus en voiture car sans doute équipés de rutilants 4X4 capables d'affronter la neige, et il reste des bouteilles ouvertes et...non vides! Chacun repart donc avec un flacon entamé. J'hérite pour ma part d'un Meursault rescapé.

Le lendemain, je profite d'un doux réveil matinal, pour réfléchir à un déjeuner digne du dîner de la veille (pour ceux qui commencent à penser que l'auteur de "la cave de Vincent" est un rentier mondain naviguant de dîners en déjeuners, nous sommes simplement dimanche matin).

La quantité de Meursault est trop importante pour tout déguster rapidement et le vin risque de se gâter car ouvert depuis la veille... Le surplus tiendra donc compagnie au lapin qui attend sagement au frais. Le Meursault, un peu de crème et là... une expérience culinaire à faire changer d'avis tout les convaincus que la cuisine au vin ne mérite qu'un liquide standard.

Un sublime dialogue s'engage alors entre le dit-lapin accompagné de sa sauce au Meursault et ce même nectar bourguignon issu du verre.

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02 octobre 2011

Château de Bellet - Cuvée Rose de Bellet 2003

BelletLa cave de Vincent, ne reculant devant aucun sacrifice, a encore donné de sa personne pour vous présenter un vin d'exception et là c'est du "lourd" mais alors du très "lourd"...

La discrétion de l'AOC Bellet (Nice) n'a d'égale que sa grandeur oenologique à mettre d'accord tous les niçois sur la présence, ou non, de concombre dans la salade du même nom.

Ce minuscule vignoble de l'arrière-pays autour de Saint-Roman-de-Bellet, tempère les chaudes journées provençales par une altitude relativement élevée et des précipitations abondantes pour la région. Les sols sont dominés par des galets de grès mélangés à du sable (poudingues) et veinés d'argile. Les deux cépages locaux (et rares) le Braquet et la Folle Noire, dont ce vin est principalement issu, lui confèrent leurs caractéristiques très originales : longévité , finesse aromatique et soyeux sans égal pour le premier, couleur et matière pour la rustique seconde.

Un vin qui ne ressemble à aucun autre pour les blasés de l'expérience oenologique!

La cuvée Rose de Bellet n'est produite que les années exceptionnelles sur le domaine du Château de Bellet : tout simplement sublime malgré une note de vin cuit propre au millésime 2003.

bouchon

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25 septembre 2011

Delas - Côtes-du-Ventoux 2009

Ventoux  Delas

Passés les précieux conseils d'experts et les affaires du siècle à ne rater sous aucun prétexte, les foires aux vins restent un bon endroit pour dénicher quelques bonnes affaires pour qui sait "chiner" et résister à la montée en gamme de ces propositions durant ces dernières années.

En certains lieux (trop rares) c'est même l'occasion de baisser les tarifs de certaines références et d'afficher la décôte sur l'étiquette! On peut ainsi se procurer un Côte-du-Ventoux Delas dans son volupteux millésime 2009 pour moins de 5€.

Ce vignoble rhodanien décentré, situé sur un sol calcaire, bénéficie d'un climat méditerranéen abrité par plusieurs massifs. Cette région produit des vins issus du cépage Grenache complété d'une minorité de Syrah.

Un Grenache plaisir à déboucher sans tarder!

A visiter le site Vins des AOC Ventoux

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16 septembre 2011

E. Guigal - Condrieu 2006

CondrieuUn samedi entre amis en Normandie. Apportez le vin, ça sera très bien! ... les invités s'organisent... tu apportes quoi? blanc, rouge? ... Bourgogne, Vallée du Rhône? ... j'ai un Condrieu Guigal qui doit être bu ... et bien d'accord alors (impossible de dire quelque chose du style "mais non garde-le", allez savoir pourquoi...).

Et nous voilà flanqué d'un Condrieu Guigal (rien que ça) pour notre repas campagnard à propos duquel nous ne savons rien si ce n'est que le maître des lieux et es Philosophie, éleveur, est à ses moments perdus une sorte d'Antonin Carême. Un amateur capable de vous cuisiner une pièce montée, en deux temps trois mouvements, tout en discutant d'autre chose. Et ce, à partir d'ingrédients inutilisés par d'autres. Bref, tout cela ne pourra pas être tout à fait mauvais.

Le dit-Condrieu, rafraîchit pendant une nuit, arrive au pays du Cidre après deux heures de route un peu "défraîchit". Afin de ne pas souffrir d'une éventuelle et traumatisante faute d'accord met-vin durant le repas, nous l'attaquons à l'apéritif. Premier Acte : très bon (les fruits caractéristiques du cépage Viognier sont bien là) mais un peu fermé et surtout pas assez frais pour ce type de vin à l'acidité très faible et au gras très présent. Deuxième Acte au déjeuner : encore hésitant mais déjà beaucoup mieux. Dernier acte durant le dîner : complètement ouvert et généreux, onctueux et fruité, un délice avec la crème renversée servie en dessert.

A visiter : les sites de l'interprofession de l'appellation Condrieu et du Domaine Guigal 

Autres invités :

Clos Dubois

Crozes-Hermitage Delas "Le Clos" 2006 : cette cuvée est issue d'une parcelle close et n'est élaborée que les grandes années avec une production volontairement limitée. Sublime avec le rôti de boeuf sauce au sang.

Nuits-Saint-Georges Dubois 2004 : une valeur sûre à boire dès aujourd'hui, l'apogée est juste passé.

A relire sur ce blog : Les jambes

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30 août 2011

Beaujolais 2008, c'est l'heure!

corbeilleSi l'été est propice à de belles découvertes oenologiques et viticoles, il l'est aussi à d'heureux constats.

Direction la cave de la maison de famille. Pour parvenir jusqu'aux précieuses bouteilles, il faut d'abord insérer et tourner la lourde clé d'une façon très particulière et connue des seuls initiés. On pénètre ainsi dans une vaste antichambre utilisée pour entreposer fruits et légumes à l'abri de larges murs bi-centenaires. Parmi les paniers et étals en bois, on remarque à peine une faible porte de bois qui protège ses précieux nectars plus par sa discrétion que par ses serrures. Pas d'évènement à fêter autre que celui d'un dîner en extérieur durant cette période estivale, je repars donc avec deux bouteilles de Beaujolais 2008 : le rouge Tradition du Domaine des Bruyères et la Cuvée traditionnelle du Domaine du Vissoux.

2008 : millésime plutôt "discret" lui aussi et pourtant... Goûtées dans leur première année, ces bouteilles m'avait laissé une impression assez moyenne malgré un minimum de structure. Deux ans après, ce millésime est à son apogée sur cette appellation : les fruits sont très présents au nez, en bouche ces vins sont toujours assez structurés avec une bonne longueur. C'est le genre de bonne surprise que l'on peut attendre de cette appellation générique. Les années moyennes sur les Crus des monts du Beaujolais peuvent paraître décevantes car on en attend beaucoup au regard des sublimes cuvées des grandes et très Vignesgrandes années. Au contraire sur l'appellation Beaujolais, les vins sont plus fruités et plus gouleyants, les années plus moyennes peuvent plus facilement soutenir la comparaison avec les meilleures années.

A noter une bonne surprise sur l'appellation Fleurie dans ce même millésime 2008 : le Domaine du Niagara (structuré et épicé avec une bonne longueur en bouche) d'Arnaud Despres dont les parents possèdent le célébre Domaine de la Madone sur la même appellation.

A relire sur ce blog : Le Beaujolais   

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